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Archive for the ‘Littérature anglo-saxonne’ Category

87570907_oLa vie de Rose Edelstein est complètement chamboulée lorsque le jour de ses 9 ans elle mange un gâteau au citron préparée par sa mère. Ce n’est pas le premier gâteau qu’elle mange mais cette journée-là tout change. Rose est plongé dans un univers d’émotions. En réalité, elle ressent l’émotion éprouvée par sa mère lors de la confection du gâteau. Elle perçoit le désespoir et par la suite tout les émotions vécues par sa mère. Il en va de même pour toute la nourriture qu’elle mange peu importe qui l’a confectionnée Bien sûr, Rose ne dévoile qu’à peu de personnes son mystérieux don. Il est toutefois difficile pour elle de vivre ces rafales d’émotion sur lesquelles elle n’a pas de pouvoir. Elle recherche l’anonymat gustatif, donc la cuisine industrielle fade, unie, plate.

Dans sa drôle de famille, Rose n’est pas la seule à vivre avec un don étrange. D’autres ont un odorat très développé et certains se fondent littéralement dans le décor pour disparaître.

Le résumé de ce roman peut vous semblez étrange, oui bien sûr. À t’on jamais vu quelqu’un affublé d’un tel pourvoir ou d’une telle tare?. Ce n’est évidemment qu’un prétexte qui permet à l’auteur de creuser les états d’âmes et réactions de Rose à différents âges de la vie (9, 12, 17 et 22 ans),  afin d’observer comment cette jeune fille arrive à saisir l’essence des gens qui partagent sa vie. Elle jette sur ses semblables un œil critique, désabusé ou émerveillé selon les situations et les gens mis sur sa route.

Un récit particulier, plein de finesse et parfumé de tristesse.

La singulière tristesse du gâteau au citron, Aimee Bender, éd. de l’Olivier, 2013, c2010, 343 p.

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la lettre qui allait changer le destinAu départ, une histoire toute simple, toute banale. Un homme à la retraite, Harold Fry reçoit une lettre. Un mot d’unee ancienne collègue de travail qu’il n’a plus revu depuis 20 ans. Elle lui apprend qu’elle est malade. C’est en quelque sorte une lettre d’adieu. Harold décide de lui répondre aussitôt et d’aller tout de suite poster la lettre. Sur un coup de tête il décide d’aller lui porter en main propre mais pour la rejoindre, il décide de marcher. Une traversée de l’Angleterre du sud au nord, près de 1000 km de marche!

Chemin faisant, Harold revit  en pensées son passé, revient sur des épisodes tristes de sa vie, des erreurs qu’il a commises, des événements qui l’ont marqués. Il pense à sa femme, Maureen qu’il a abandonné sans trop d’explications. Bref, ce voyage devient initiatique. Il a l’impression de revivre, d’avoir enfin trouvé un but à sa vie.

J’ai adoré ce roman. Je suis passée par toute une gamme d’émotions. Harold tout au long de son parcours fait des rencontres étonnantes. On l’accompagne dans ce périple où personne ne sortira indemne. Vraiment une réussite, un bonheur de lecture!

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…. , Rachel Joyce, XO éditions, c2012, 363 p.

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Chapardeuse

Lucy est une jeune bibliothécaire dans une ville obscure du Middle West américain. Elle est responsable du secteur jeunesse de la bibliothèque municipale. Au fil du temps elle s’est prise d’affection pour un jeune garçon de 10 ans, Ian, passionné de lecture.

Ian appartient à une famille de chrétiens fondamentalistes. Il n’a donc pas le droit de lire ce qu’il veut, du moins, d’après sa mère. Elle a fournit une liste des livres qu’il ne peut emprunter à la bibliothèque. Sur cette liste, Harry Potter….De plus, comme sa famille le soupçonne d’être gay, Ian doit fréquenter un camp de fin de semaine avec le pasteur Bob, chargé de ramener les « brebis » égarées dans le droit chemin.

Après s’être enfui de chez-lui, Ian part avec Lucy pour un road trip remontant vers le nord des Usa. Lucy l’a-t-elle enlevé? Pas vraiment!

À travers ce récit, l’auteur nous démontre le pouvoir de la lecture comme outil de liberté et de connaissance. L’auteur veut faire la démonstration du pouvoir des mots. Parfois les livres peuvent sauver des vies!

J’ai vraiment aimé ce roman. Les livres qui parlent de livres et de littérature, j’adore. Lucy qui refuse de dénigrer la famille de Ian à ses yeux, espère qu’il prendra conscience de lui-même du milieu auquel il appartient et pourra un jour s’en affranchir.

Pour les amoureux des livres et de la lecture!

Chapardeuse, Rebecca Makkai, éd. Gallimard, 2012, 367 p.

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Une pérégrination dans son passé, Gilmour utilise les lieux  revisités au hasard des jours, ces lieux qu’il a fréquenté, un seul court moment, une seule journée, plusieurs années de sa vie, pour nous dépeindre les faits marquants de son antériorité.

Notre narrateur en premier chapitre nous raconte sa première flamme, sa première trahison amoureuse, Clarissa Bentley. Son ancienne école secondaire le plonge à l’aube de ses quinze ans, une période qu’il croyait oubliée, été 66 : J’étais monté dans la grande roue avec ma petite amie, et qu’elle était celle d’un autre avant d’en redescendre. Comment était-ce possible? C’était quoi, ce monde dans lequel de telles choses pouvaient se produire? Les humains sont-ils vraiment ainsi? Les mots ne sont-ils que camouflage, une façon de lancer les autres sur une fausse piste par rapport à ce qu’on est et ce qu’on peut vraiment?

Tout l’effrayait, un épisode beaucoup plus tragique, nous introduis son père, son suicide dans la maison familiale : je me demande si mon père, quand il a pris le fusil dans sa main et qu’il l’a placé sur sa tempe, a eu, l’instant juste avant d’écraser la gâchette et que la balle ne le renverse sur le sol, une hésitation. Se demandait-il s’il allait souffrir ? A-t-il pensé à moi ? Voyait-il le plafond de la cuisine quand il a heurté le sol ? Savait-il couché là, qu’il était en train de mourir? Regrettait-il son geste ? Est-ce qu’on rêve, quand on s’éteint comme çà, les images s’éloignant, encore et encore, de plus en plus loin ?  Est-ce là ce qu’il a pensé à la toute dernière seconde : c’est le juste retour des choses.

Vous ne me connaissez pas monsieur De Niro, mais… nous raconte son attrait maladif envers le festival du film de Toronto, sa première femme étant la directrice. Tolstoï et moi, son obsession, son roman préféré Guerre et paix. Enfin dix chapitres, qu’on pourrait facilement de qualifier de nouvelles, nous trace le parcours tortueux, parfois douloureux, de notre narrateur. Évidemment, on retrouve ce propos très intimiste, chaleureux, cet évoquant partage d’un ami cher, déniché dans L’école des films paru en 2010.

 

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New-York, 1990, dernière décennie du XXe siècle, Doc Karoo, cinquantaine alarmante, divorcé ou presque, père d’un fils adoptif : je suis un rouage modeste, mais assez opérationnel de l’industrie du cinéma.  Je reprends des scénarios écrits par d’autres.  Je réécris. Je coupe et je polis.  Je coupe ce qui est en trop. Je polis ce qui reste. Je suis un écrivaillon doté d’une plume qui a fini par être considéré comme un talent. Un nègre d’Hollywood.

«Quelque chose n’allait radicalement pas chez moi, et quoi que cela pût être, ça n’allait vraiment pas du tout.  Je ne savais pas ce que c’était.  Je ne savais pas si j’étais en train de l’attraper ou si j’étais en train de le perdre, mais je savais, un peu comme les animaux savent qu’un tremblement de terre va se produire, que quelque chose d’énorme était en train d’entrer dans ma vie – ou d’en sortir. » Karoo a perdu la capacité à l’ébriété et  fuit  toute forme d’intimité, avec qui que ce soit, sa mère, son ex-femme, son fils : une monotonie aussi nouvelle qu’impitoyable pénétrait ainsi dans ma vie, et je n’étais pas du tout équipé pour affronter ça.

Un film d’un vieux maître du cinéma lui est proposé pour un réarrangement, un film qu’il juge un chef d’œuvre, l’altérer serait un sacrilège,  mais un rire, un tout petit rire dans une courte séquence du film catalyse sa morosité existentielle et le ramène bien des années dans son passé. La mère biologique de son fils adoptif.

«Mais un début aussi simple n’est en aucun cas significatif du stade final qu’une histoire initialement simple peut atteindre.  À partir du moment où une histoire devient publique, tout peut lui arriver.»

J’étais un homme aléatoire vivant dans un monde aléatoire – tout était possible.

Un coup de cœur unanime des libraires français, cet abrégé de la société américaine de fin XXe est un succès littéraire que dans sa traduction française, ce chef d’œuvre posthume de Steve Tesich, scénariste, dramaturge et romancier serbe-américain. (1942-1996)  paru deux ans après sa mort, a écrit également Rencontre d’été en 82. En dos de jaquette, un éloge approprié : C’est cynique. C’est sans pitié. C’est terriblement remuant, c’est à la fois Roth et Easton Ellis, Richard Russo et Saul Bellow.

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Vida Winter, romancière à succès vit retirée du monde. Elle a toute sa vie, entretenu le mystère sur son passé, inventant à chaque fois que quelqu’un lui demandait des histoires différentes. Jusqu’au jour où Vida se sachant malade, écrit à Margaret Lea, biographe, pour lui demander d’écrire sa vraie histoire cette fois-ci. Toute la vérité, rien que la vérité. Pas du tout convaincue, Margaret part à la rencontre de Vida et du même coup de son passé pour le moins étonnant. Margaret ira de découvertes en découvertes, acceptant les conditions mises en place dès le départ par Vida Winter. Elle ira même à la rencontre de son propre passé à travers le récit de Vida.

Ce roman magnifique où la littérature et le livre sont à l’honneur m’a comblé. Un roman qui m’a parfois rappelé « L’ombre du vent de Zafon ». Un soupçon de gothique, des personnages profonds, un aura de mystère. Un bon roman britannique.

Je suis entrée de plein pied dans ce roman. Il m’a littéralement hypnotisée. Ce récit hors du temps, magnifiquement écrit m’a séduit! J’ai toute de suite recherché un autre livre de cette auteure. Rien! Du moins pour l’instant.

Le treizième conte,Diane Setterfield, éd. Pocket, 2007, c2006, 562 p.

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         Sous un viaduc près de Calusa, Floride, un quasi-village, une colonie d’hommes, sinistre, rudimentaire, sordide, néanmoins, une extension de la ville, comme si la ville avait, par ses parias, délibérément colonisé cet obscur coin d’elle-même. Tous ses hommes sont des condamnés de crimes sexuels, pédophiles, pornographes, etc.  Tous ces marginaux doivent être à huit cents mètres des zones dites sensibles. Une zone susceptible d’accueillir des enfants, école, cinéma, terrain de jeu.

 Sous une petite tente vit, Kid, vingt-deux ans, une coupe de cheveux à ras, un nez mince et pointu, un petit bout de menton, ses grandes oreilles et son gabarit de jockey, petit et maigre quoique plutôt musclé, un gamin, un kid. Un bracelet électronique à la cheville qu’il doit garder encore neuf ans. Kid est un délinquant sexuel condamné, répertorié, actuellement en liberté conditionnelle. Il est accompagné d’Iggy, un iguane, son seul ami depuis douze ans, un cadeau d’anniversaire de sa mère.  Kid s’en tient strictement à des relations superficielles.

 Peu après un dévastateur raid policier, un homme étrange rend visite au Kid et se présente comme professeur, universitaire et sociologue.  Le professeur, une taille gigantesque, énorme, velu, vêtu d’un costume trois-pièces. Un corps qui représente un handicap social et physique. Il évite les miroirs et les appareils photo, son corps et ses besoins intérieurs constituent la vie secrète, une vie que, globalement, il garde sous clé et à distance de tous, y compris de lui-même. Personne ne fait de commentaires sur sa vie intérieure; ni ses collègues, ni ses étudiants, ni ses amis, ni sa femme, ni ses enfants. Le Professeur tente de prouver sa théorie que la pédophilie résulte de forces sociales, que c’est un dysfonctionnement sexuel engendré par une société dysfonctionnelle.

«C’est après la première visite du professeur que tout s’est mis à empirer, les choses simples se sont compliquées, ce qui était évident s’est embrouillé.»

 Russell Banks, lauréat de multiples prix littéraires, dont plusieurs œuvres ont été adaptées au cinéma. Une première rencontre, mais sûrement pas la dernière, heureusement, Banks est un écrivain très prolifique.

 

 

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