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Archive for the ‘Littérature québécoise’ Category

il-pleuvait-des-oiseaux-178184-250-400Une photographe est à la recherche d’un survivant des Grands feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du xxe siècle. Elle le croit réfugié au cœur de la forêt! Hélas, elle arrive trop tard. Cependant, elle y fait la connaissance de Tom, Charlie et Marie-Desneige. Trois octogénaires épris de liberté, vivants en ermites dans cette forêt majestueuse. Les trois vieux développeront une amitié sincère avec la photographe, surnommée « Ange-Aimée ». Chacun y pansent ses plaies et laissent la vie prendre tout son sens dans les petits gestes du quotidiens et l’effort que demande la survie en forêt avec des moyens rudimentaires.

Ce livre, je me promettais depuis longtemps de le lire. Le combat des livres à Radio-Canada m’a décidé. Jocelyne Saucier maîtrise l’art de raconter. Son écriture est lumineuse. Elle nous offre un voyage dans l’âme de ses personnages marginaux et attachants!

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, éd. XYZ, 2011, 179 p.

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La fiancée américaineFraserville, aujourd’hui Rivière-du-Loup, Les Lamontagne de génération en génération épousaient une Madeleine. Louis-Benjamin Lamontagne épouse donc une Madeleine venant de d’une famille adoptive du Maine, Madeleine l’Américaine.  Elle avait la  peau pâle, couverte de taches de rousseur, même en plein hiver, et des yeux, des yeux inoubliables couleur sarcelle, couronnée d’une chevelure rousse. C’est en décembre 1918, Louis-Benjamin Lamontagne et sa femme Madeleine l’Américaine attendaient leur premier enfant dans l’hiver glacial et silencieux du Bas-Saint-Laurent. Joseph-Louis-Benjamin Lamontagne naquit le jour de Noël, l’Américaine succomba à son accouchement et son père se jeta dans la rivière un an, jour pour jour après l’arrivée de sa  chère Madeleine, inconsolable, désespéré et résigné.

Louis était un garçon d’une robustesse rare, et fut élevé par sa grand-mère, parmi les cinq enfants qui lui restaient. Doté d’une force herculéenne, on le surnomma rapidement Louis le Cheval Lamontagne, l’homme de fer du Canada. Certains prétendaient que Louis avait acquis ce surnom pour de tout autres raisons. Début 50, Louis épouse Irène Caron, et trois enfants suivront rapidement, Madeleine, Marc et Luc.

« Sur le portrait de famille fait par le photographe Marmen en juin 1968, Louis Lamontagne et sa femme assis sur une causeuse recouverte de tissu à imprimé floral magenta sur fond marron.  Vêtue de noir, Irène a le regard de ceux qui ont perdu un objet important et qui se demandent où ils ont bien pu le fourrer.  Entre les époux, une place vide, assez d’espace pour y asseoir un enfant.  Debout derrière eux, leurs deux enfants plus grands.  D’abord Marc, jeune homme au visage austère et attirant, qui ressemble à s’y méprendre à l’autoportrait de Botticelli : les mêmes lèvres pulpeuses, les mêmes yeux affamés et langoureux, la main sur l’épaule frêle de sa grande sœur Madeleine, droite et fière comme une Lamontagne, bien que chacun sache, sans trop savoir expliquer comment et  pourquoi, que son esprit est occupé à un calcul complexe, comme l’est l’esprit d’une Caron.  Elle  porte une jolie robe pâle. Un collier. Bien coiffée.  Bien sûr qu’elle est jolie ! N’est-ce pas qu’elle ressemble à Mireille Mathieu avec cette coupe carrée ? »

C’est cette toute jeune Madeleine et sa descendance qui nous trimballe dans ce monumental voyage jusqu’à l’aube du XXIe siècle. Un kaléidoscope d’émotions, l’opéra de la Tosca en sourdine, une mystérieuse clé de Fa, un voyage dans le temps, de Rivière-du-Loup, en passant par Montréal, New York, Toronto, Berlin et finalement Rome.

Une inoubliable saga familiale que ce quatrième roman de Dupont, l’apothéose de ces précédents, une brique aux petits caractères, une écriture qu’on lui connaît, simple, limpide, mais surtout captivante. Dupont, finaliste du Prix des Libraires place la barre très haute.

(La fiancée américaine étant mon dernier billet. Un gros merci à tous mes lecteurs.)

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Un petit roman et un petit récit dans lesquels j’ai vu quelques concordances.  Dans le roman Et au pire on se mariera de Sophie Bienvenu, on rencontre Aïcha, jeune fille de 13 ans, qu’on écoute dans un long monologue revenir sur des événements tragiques. Jeune adolescente, qui veut trop vite devenir une femme, qui méprise sa mère et tombe amoureuse d’un adulte.

 Dans le récit Aime-moi de Véronique Marcotte, on fait face  à l’invraisemblence. Tous les noms des personnages ont été changé, puisqu’il s’agit d’une histoire véridique. Justement, si on ignorait que tout cela est vrai on n’y croirait sûrement pas! L’auteure nous mentionne d’ailleurs ceci en note:

…Le jour où j’ai reçu cet appel, j’ai d’abord refusé. J’avais déjà en tête une bien trop longue file d’attente d’histoires à raconter. Puis, et je ne m’explique pas encore pourquoi, je n’ai pas su résister. Je me suis rendue dans ce restaurant pour entendre le parcours humain terrible et inexplicable que vous allez lire.

Ce que je raconte ici n’a pas vraiment de dissemblance avec la réalité de l’histoire telle qu’on me l’a racontée. Tout y est vrai, légèrement fardé par mon imaginaire. Si j’y ai ajouté certaines émotions ou paroles, ou que j’ai volontairement exagéré quelques passages, c,est que la violence de cette événement me faisait trop mal pour que je ne me serve pas de mon personnage d’écrivain…

Deux écrits où la souffrance humaine, l’amour ou le manque d’amour nous éclatent au visage.

Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu, éd. La mèche, c2011, 151 p.

Aime-moi de Véronique Marcotte, vlb éditeur, c2011, 130 p.

 

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Théo, dernière année universitaire en communication, chaleureusement recommandé par son directeur de programme obtient un stage d’un mois dans une multinationale gigantesque, la plus grande agence de publicité au Canada. L’agence Imagine, le paradis du publiciste, la ligue nationale de la communication, enfin « le bout d’la marde. »

Très rapidement, notre narrateur Théo se retrouve au sommet de sa gloire de publiciste, grosse job, gros salaire, gros condo, gros char et magnifique blonde, tout pour rendre un gars heureux, mais au lendemain d’une soirée trop arrosée, le mur.«L’idée même de retourner travailler à l’agence me serre le ventre et me donne envie de vomir. Ma fatigue est vraiment plus profonde que superficielle et ma lassitude plus lourde que passagère. La seule idée claire qui me vient à l’esprit est celle d’une désertion,  d’une escapade de prison, d’une fuite, d’un retournement de situation.»

J’ai le goût de souffler et de vivre autre chose.

Un nouveau départ pour Trois-Pistoles, quatre mille habitants, avec une moyenne d’âge dépassant les cinquante ans,  les plus belles églises du Québec,  époustouflants couchers de soleil,   patrie de Victor-Lévy Beaulieu. Et en prime une maison à louer pas chère : Ça sonne exotique, pittoresque, peut-être pas très vendeur, mais différent au moins. Je n’ai jamais dépassé Québec et le Far Est m’intrigue autant qu’il m’effraie. 3Pistoles avec ces chasseurs, carabine en bandoulière, parlant fort, de vieux hippies exilés, des soulons du Bar Chez Bobby, un changement de ses anciens amis métrosexuels superficiels. «Ici les gens n’ont pas de vernis : tout est cru, vrai, authentique et j’aime ça comme ça.» Des mots de Miron qui prennent subitement tout leur sens.

J’ai fait de plus loin que moi un voyage abracadabrant

Il y a longtemps que je ne m’étais pas revu

Me voici en moi comme un homme dans une maison

Qui s’est faite en son absence

Je te salue silence

Je suis plus revenu pour revenir

Je suis arrivé à ce qui commence.

 Un premier roman à moitié biographique, déclare-t-il. Un récit d’une  simplicité exemplaire, bien rythmé, sans prétention, charmant, un peu d’humour, un peu de contemplation poétique, des soupçons d’influence de Jacques Poulin.  C’est le fun !

 

 

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 Après l’hiver, après la neige, hommes et chevaux reprennent le chemin de l’écurie. Le temps des calèches est de retour à Montréal.

     La rumeur mate, friable des sabots déferrés résonnera à nouveau dans les écuries. Les cochers entendront cette parade piaffante et retourneront eux aussi au bercail, aigris, mal chaussés, sans le sou, le teint blafard et le pas traînant, accordé à celui des bêtes. On revient toujours à Griffintown, là où la rédemption est encore possible. On y meurt parfois aussi. Les bottes aux pieds, de préférence.

Paul, propriétaire d’une écurie à Griffintown, assisté de Billy, son palefrenier, prépare la nouvelle saison. Mais très rapidement, Paul disparaît:

Recherché: homme avec une seule botte, un tatouage de track de chemin de fer sur le bras gauche et peut-être un trou de balle dans le front. Mort ou vif. Rançon offerte $$$.

Avec ce roman, Marie Hélène Poitras nous transporte dans un vrai western à saveur urbaine. On pénètre dans l’univers des cow-boys, des écuries. On y rencontre des personnages « pockés » , des seuls au monde, des solitaires, des marginaux. Certains ont perdu leur dignité, d’autres tentent de la conserver ou de la retrouver. Découvrez les derniers soubresauts d’une époque révolue.

Griffintown, Marie Hélène Poitras, éd. Alto, c2012, 209 p.

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Béatrice Robin, auteure à succès, bien mariée, riche, vivant dans un des meilleurs pays du monde… se suicide. Béatrice a laissé un testament, pour notre narrateur, une ancienne flamme de Béatrice, un roman, lui-même auteur de quelques publications qu’il juge plus littéraires,  un lègue qui lui confie la tâche de peaufiner et de trouver une fin à cet énorme manuscrit intitulé Les fleurs de Terezin.

Je me demandais comment je pourrais m’embarquer dans cette galère. Je réservais à Béatrice une colère secrète : pourquoi donc avait-elle voulu me mêler à tout ça ? N’y avait-il pas une forme de mépris pour mes livres, pour ma personnalité, à me proposer un pareil travail de nègre ?

Les fleurs de Terezin, un roman qui commence par la découverte d’un cadavre. Le corps de Milan Koula, citoyen canadien d’origine tchécoslovaque, âgé de 41 ans, psychothérapeute, parfois journaliste, marié depuis un an à Éloïse Blanchard, arrivé au pays il y a neuf ans. L’homme a succombé à sept coups de poignard donnés principalement dans la cage thoracique.  Pas de trace de lutte. Aucune effraction.

Un roman qui commence avec la découverte d’un cadavre ! Combien s’en publie-t-il par année, de ces histoires qui appliquent les mêmes recettes ? Un cadavre, un détective, un crime à élucider.  Une enquête, des témoins qu’on interroge. Les invraisemblances qui s’accumulent, les mystères qui succèdent.  Le petit truc en fin de chapitre pour soutenir l’attention du lecteur. Et toujours révélé le plus tardivement possible, celui que l’on soupçonne le moins qui est le grand coupable. Et ça marche.  Les gens achètent, en redemandent…

De là, l’histoire de Béatrice, un amalgame de roman policier, du drame historique aux multiples facettes devient en alternance le roman du narrateur et également le nôtre, une certaine complicité s’installe entre l’auteur et le lecteur, ce dernier partage avec nous au « making of» du roman de la défunte.  De révolutionnaires felquistes, de prisonniers dans du camp de concentration, de trahisons, de nombreuses amantes. Plusieurs pistes s’ouvrent pour résoudre le mystère  et y trouver une conclusion plausible.

 Une véritable aubaine, un deux pour un, un récit captivant, sa construction des plus originale lui mérite sûrement la lecture. 

 

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Avant l’édifice, c’était le chaos, un Édifice aux murs immobiles, lisses, indestructibles en ce Béton Total. Notre narrateur est enfermé dans une pièce-cellule au 804 du 5969e étage de l’Édifice. Deux compagnons de vie, un père agressif, une mère soumise, deux occupations : dormir ou feindre de dormir.

«Un Autour de moi, ailleurs dans tous les logis, des milliers de semblables étaient également isolés, immobilisés dans leurs dortoirs, immergés dans le même processus éducatif. On naissait pour entretenir l’Édifice et chacun apprenait à imiter père et mère, à reproduire les gestes, à penser similaire. Les plus lourds se préparaient à devenir commis de sécurité, les plus nerveux des agents sanitaires, les plus lents des préposés à l’assainissement. J’allais assurer répétition jusqu’à putréfaction.

Pendant une interminable période, j’ai dormi ou feint le sommeil, j’ai avalé nutriments, observé suicides et assassinats, simulé rénovation ou désinfection, répété mêmes gestes au même endroit, boucle incessante, répétition automatique. Jusqu’a ce que survienne l’événement qui allait provoquer ma disparition.

Alors une question a surgi, un tout petit mot au cerveau : Pourquoi ?

 

Karoline Georges, écrivaine et artiste multidisciplinaire nous présente un roman d’anticipation, une mixture sci-fi originale, un regard futuriste très pessimiste, non sans réveiller des souvenirs de  La matrice, Le soleil vert, 1984, Le meilleur des mondes, et tout dernièrement L’enquête de Claudel. Un roman difficile, complexe, claustrophobe s’abstenir.

 

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